Marseille dévoile ses trésors les mieux gardés le long de son littoral méditerranéen, où des criques secrètes attendent les explorateurs avertis. Ces joyaux naturels, nichés dans les falaises calcaires du massif des Calanques, offrent une alternative authentique aux plages bondées du centre-ville. Loin des sentiers battus, ces refuges maritimes préservés révèlent la beauté sauvage de la Côte Bleue et du littoral sud marseillais. Pour les amateurs de nature vierge et de tranquillité, ces sanctuaires aquatiques représentent l’essence même de la Méditerranée provençale, où chaque crique raconte l’histoire géologique millénaire de cette côte exceptionnelle.

Cartographie géologique des calanques marseillaises : formations calcaires et accès secrets

La géologie particulière du littoral marseillais façonne un paysage unique où les formations calcaires créent des amphithéâtres naturels d’une beauté saisissante. Ces reliefs karstiques résultent de millions d’années d’érosion marine et pluviale, sculptant des criques aux formes extraordinaires dans le calcaire urgonien du Crétacé. La composition minéralogique de ces roches, riche en carbonate de calcium, explique la couleur blanc éclatant des falaises qui contrastent magistralement avec le bleu profond de la Méditerranée.

Morphologie karstique des falaises de cassis à marseille

Les processus de dissolution calcaire créent des paysages spectaculaires caractérisés par des surplombs vertigineux et des grottes marines. Cette morphologie particulière génère des micro-environnements où la flore méditerranéenne s’épanouit dans des conditions microclimatiques spécifiques. Les variations de température entre les parois exposées au mistral et les recoins abrités créent une mosaïque d’habitats naturels exceptionnels. Les géologues identifient dans cette région plusieurs faciès calcaires distincts, chacun réagissant différemment aux contraintes tectoniques et aux agents d’érosion marine.

Sentiers côtiers GR 2013 et chemins de traverse vers les criques isolées

Le sentier de grande randonnée GR 2013 constitue l’épine dorsale des itinéraires d’accès vers les criques secrètes marseillaises. Ce tracé métropolitain, inauguré en 2013 pour célébrer Marseille-Provence Capitale européenne de la Culture, serpente sur 365 kilomètres à travers les paysages les plus remarquables de la région. Des embranchements discrets, souvent marqués par des cairns traditionnels, conduisent vers des criques confidentielles accessibles uniquement aux marcheurs expérimentés. La signalétique reste volontairement discrète pour préserver le caractère sauvage de ces sites d’exception.

Conditions météorologiques et coefficients de marée optimaux pour l’exploration

L’exploration des criques cachées nécessite une planification rigoureuse tenant compte des conditions météorologiques méditerranéennes. Le mistral, vent dominant soufflant du nord-ouest, peut atteindre des vitesses de 100 km/h et rendre dangereuse l’approche maritime de certaines criques exposées. Les coefficients de marée, bien que moins prononcés en Méditerranée qu’en Atlantique, influencent néanmoins l’accessibilité de certains sites rocheux. Les périodes optimales se situent généralement entre mai et octobre, avec une préférence pour les matinées calmes précédant les brises thermiques de l’après-midi.

Réglementation du parc

Réglementation du parc national des calanques et zones d’accès restreint

Classé Parc National depuis 2012, le massif des Calanques bénéficie d’un cadre réglementaire strict destiné à protéger ses écosystèmes fragiles. L’accès à certaines criques cachées de Marseille est conditionné par des arrêtés saisonniers, notamment en période de risque incendie élevé entre juin et septembre. Les sentiers peuvent être fermés totalement ou partiellement en fonction du niveau de vigilance, mis à jour quotidiennement par la préfecture des Bouches-du-Rhône. Avant toute sortie, il est donc indispensable de consulter la carte officielle d’accès aux massifs forestiers.

La baignade dans les calanques demeure libre, mais la pratique d’activités comme la plongée, le mouillage ou le bivouac est encadrée par des zones spécifiques. Ainsi, le mouillage forain est interdit sur les herbiers de posidonie, véritables poumons de la Méditerranée, identifiables sur les cartes nautiques et les panneaux d’information. Le bivouac et le camping sont strictement prohibés dans l’ensemble du Parc National des Calanques, sous peine d’amende. Les drones de loisir, quant à eux, sont généralement interdits pour préserver la tranquillité de la faune et limiter les nuisances sonores.

La réglementation s’applique aussi aux déchets, au bruit et à la cueillette de la flore protégée. Ramasser des plantes endémiques, déplacer des roches ou déranger la faune nicheuse peut constituer une infraction. Dans les criques les plus secrètes, l’absence d’infrastructures ne signifie pas absence de règles : vous êtes considéré comme usager responsable d’un espace sensible. Respecter ces prescriptions permet de préserver l’accès à long terme à ces lieux encore préservés, souvent menacés par la surfréquentation et l’érosion accélérée.

Calanque de samena et ses annexes : sanctuaires préservés du massif des goudes

Située à la lisière du massif des Goudes, la calanque de Samena marque la transition entre le front urbain marseillais et le relief minéral du Parc National. Plus discrète que les célèbres Sormiou ou Morgiou, elle abrite une série de criques cachées où l’on bascule en quelques minutes de la ville à une sensation de bout du monde. Ici, les criques secrètes de Marseille se nichent entre les blocs calcaires, à l’abri du mistral et des regards. Le littoral y dessine une succession de petites anses, propices à la baignade, à la plongée libre et à la contemplation.

Ce secteur, longtemps fréquenté par les pêcheurs et les plongeurs locaux, reste relativement confidentiel en semaine hors saison. Sa topographie, faite de gradins rocheux et de petites plateformes naturelles, permet de s’installer au plus près de l’eau tout en conservant un certain confort. Pour ceux qui recherchent une crique cachée à Marseille sans engager une longue randonnée, Samena et ses annexes représentent un compromis idéal entre accessibilité et sensation de nature intacte.

Itinéraire technique depuis le parking des goudes via le cap croisette

L’accès à la calanque de Samena depuis le parking des Goudes suit un itinéraire côtier semi-urbain, puis de plus en plus minéral à mesure que l’on progresse vers le cap Croisette. Depuis l’extrémité de la route, vous longez d’abord le front de mer par un chemin balisé, en direction de la Baie des Singes. Quelques centaines de mètres plus loin, des sentes secondaires descendent vers les criques intermédiaires, souvent ignorées des promeneurs qui se dirigent directement vers le cap. Ces chemins de traverse, parfois raides, nécessitent des chaussures avec bonne adhérence.

Sur le plan technique, le parcours ne présente pas de difficulté majeure pour un randonneur habitué aux terrains rocheux, mais plusieurs passages exposés exigent attention et stabilité. Les dalles calcaires polies par le sel et les embruns deviennent très glissantes en cas d’humidité, un peu comme de la céramique mouillée. Il est recommandé d’éviter les tongs et d’opter pour des chaussures de randonnée basses ou des sandales techniques. Prévoyez également une marge de temps pour la remontée, souvent plus éprouvante sous le soleil écrasant de l’après-midi.

Un repérage préalable sur carte ou application de randonnée (IGN, GPX, etc.) permet de visualiser les courbes de niveau et les zones d’éboulis. Les criques les plus intéressantes se trouvent légèrement à l’écart du chemin principal, derrière de petits ressauts rocheux. En gardant toujours la mer comme repère et en respectant les zones balisées, vous accéderez à des plateformes naturelles idéales pour se baigner ou plonger en toute discrétion. N’oubliez pas que l’absence de poste de secours implique une autonomie totale en cas de blessure.

Calanque de la mounine : refuge confidentiel accessible par voie maritime

La calanque de la Mounine, blottie entre le cap Croisette et Marseilleveyre, reste l’un des refuges les plus confidentiels du secteur. En raison de son relief abrupt, l’accès par voie terrestre est réservé aux randonneurs très expérimentés, équipés et informés des passages délicats. De ce fait, la plupart des visiteurs optent pour une approche maritime, en kayak, en paddle ou en annexe depuis un mouillage abrité. Ce mode d’accès limite naturellement la fréquentation et contribue à préserver le caractère sauvage de ce petit amphithéâtre rocheux.

Par mer calme et en l’absence de vent fort, la navigation côtière depuis les Goudes ou la Baie des Singes permet de contourner les caps et de remonter progressivement vers la Mounine. Comme pour toute exploration de criques cachées en bateau, il est crucial de garder une distance suffisante des falaises en cas de chute de blocs. L’entrée de la calanque se devine à la couleur plus sombre de la roche et au resserrement naturel du littoral, tel un portail minéral menant vers un bassin intime aux eaux d’un bleu profond.

Une fois à l’intérieur, le mouillage doit se faire sur fond sableux ou rocheux nu, en évitant scrupuleusement les herbiers de posidonie. Une ancre légère et une longueur de chaîne adaptée à la faible profondeur suffisent pour une halte de courte durée. Vous constaterez rapidement que le silence et l’absence d’aménagements modernes donnent l’impression d’avoir remonté le temps. C’est précisément cette sensation de déconnexion qui fait de la Mounine l’une des plus belles criques cachées de Marseille pour les navigateurs avertis.

Anse de marseilleveyre : plongée libre et observation de la posidonie

L’anse de Marseilleveyre, souvent appelée « calanque du Belge » par les habitués, combine une plage de galets, quelques cabanons pittoresques et un plan d’eau particulièrement propice à la plongée libre. À quelques mètres du rivage, les rochers immergés laissent place à des herbiers de posidonie d’une grande densité, refuges essentiels pour une multitude d’espèces méditerranéennes. Nageurs équipés de masque, tuba et palmes peuvent ainsi explorer en toute simplicité un véritable jardin sous-marin, accessible à tous les niveaux.

En vous éloignant progressivement de la plage, vous observerez la transition entre les fonds rocheux et les prairies sous-marines, un peu comme si vous passiez d’un quartier urbain à une vaste prairie silencieuse. Des sars, labres, girelles et parfois des poulpes se faufilent entre les feuilles rubanées de posidonie. Pour limiter votre impact, veillez à ne jamais vous tenir debout dans ces herbiers ni à y planter vos palmes. Rappelez-vous qu’une seule ancre mal positionnée peut détruire plusieurs mètres carrés de cette plante millénaire.

L’approche par le sentier depuis Callelongue (environ 45 minutes de marche) ou depuis les Goudes sollicite les jambes, mais la récompense visuelle et sensorielle est à la hauteur de l’effort. Sur place, l’absence de route et de nuisances sonores amplifie la sensation d’isolement. Si vous recherchez une crique cachée à Marseille orientée snorkeling, Marseilleveyre figure parmi les meilleurs compromis entre beauté du site, richesse biologique et accessibilité raisonnable.

Micro-criques du vallon de montredon : écosystèmes rupicoles méditerranéens

Entre le village de Montredon et le massif des Goudes, une succession de micro-criques rocheuses s’insèrent dans les anfractuosités du littoral. Ces petites entailles, parfois larges de quelques mètres seulement, abritent des écosystèmes rupicoles uniques, où les plantes s’accrochent littéralement à la pierre. Lentisques, euphorbes, chardons et saladelles colonisent les fissures humides, profitant de l’ombre des parois et des embruns réguliers. À l’échelle locale, chaque recoin devient un laboratoire vivant de l’adaptation au milieu marin.

Ces criques secrètes de Marseille, moins spectaculaires que les grandes calanques, n’en sont pas moins fascinantes pour l’observateur attentif. Vous y verrez comment la roche calcaire se délite en petites plaquettes, offrant des refuges aux lézards, aux insectes et aux petits crustacés. À marée basse, les cuvettes retenues dans la roche se transforment en aquariums naturels où gambadent crabes, crevettes et petits poissons juvéniles. Pour les familles avec enfants, ces « poches de mer » constituent un terrain de découverte privilégié, à condition de respecter la faune observée.

En termes de fréquentation, ces micro-criques restent relativement calmes, car elles ne disposent pas de grandes zones de repos confortables. C’est précisément cette contrainte qui leur permet de conserver leur intégrité écologique. Si vous choisissez d’y poser votre serviette, privilégiez les rochers nus et évitez de piétiner les rares coussins végétaux. Vous participerez ainsi à la préservation de ces infimes mais précieuses criques cachées de Marseille, véritables refuges pour la biodiversité littorale.

Secteur confidentiel de callelongue : archipel de criques secrètes

À l’extrême sud-est de Marseille, Callelongue marque la porte d’entrée du Parc National des Calanques. Ce minuscule hameau de pêcheurs, blotti au pied de falaises abruptes, ouvre sur un enchevêtrement de criques secrètes qui s’égrainent le long du littoral vers l’est. Dès que l’on quitte le petit port, la sensation de rupture avec la ville est immédiate : plus de circulation, plus de béton, seulement le minéral, la mer et le vent. Pour l’amateur de criques cachées à Marseille, ce secteur représente un véritable archipel de possibilités, à explorer avec prudence et humilité.

Les sentiers, souvent étroits et escarpés, suivent les courbes des falaises et offrent des vues vertigineuses sur l’île Maïre et Riou. De petites brèches dans la roche trahissent l’existence de criques minuscules, accessibles par des passages parfois proches de l’escalade. C’est ici que la frontière entre randonnée littorale et terrain d’aventure devient floue, et qu’une bonne connaissance de ses limites physiques s’impose. Vous vous demandez si ces criques sont vraiment pour vous ? La réponse tient souvent à votre aisance sur rocher et à votre équipement.

Calanque des queyrons : accès par escalade côtière niveau 3a

La calanque des Queyrons illustre parfaitement cette dimension plus technique du secteur de Callelongue. Pour atteindre cette anse encaissée, il ne suffit pas de suivre un simple sentier balisé : une section de descente demande des compétences d’escalade de niveau 3a environ, sur rocher compact mais parfois patiné. Ce niveau correspond à une difficulté modérée en escalade, accessible à des débutants encadrés ou à des pratiquants occasionnels à l’aise avec l’exposition. Sans corde, il est toutefois impératif d’être sûr de sa gestuelle et de son absence de vertige.

Le cheminement commence sur le sentier classique en direction de Marseilleveyre, avant de bifurquer sur une sente discrète qui descend vers la mer. Une succession de vires et de petits ressauts conduit à un ressaut plus raide, où il faut utiliser mains et pieds sur des prises franches. L’analogie souvent employée par les montagnards est celle d’une grande échelle de pierre, dont les barreaux seraient légèrement irréguliers. Une chute à cet endroit pourrait avoir des conséquences sérieuses, d’où la recommandation de s’y rendre seulement par temps sec, sans charge excessive et avec un sac bien ajusté.

En bas, la récompense est à la hauteur de l’effort : une crique étroite, ceinturée de falaises, où le bruit des vagues se réverbère comme dans un amphithéâtre naturel. La faible capacité d’accueil du site – quelques personnes seulement – garantit une tranquillité rare même en plein été. Cette configuration limite naturellement la surfréquentation, mais impose un comportement exemplaire : pas de musique amplifiée, pas de feux, pas de déchets laissés sur place. Les Queyrons sont un secret bien gardé de la randonnée côtière marseillaise, à réserver aux visiteurs les plus respectueux.

Anse de la madrague de montredon : havre ornithologique protégé

À l’opposé des accès techniques, l’anse de la Madrague de Montredon offre une approche beaucoup plus douce, accessible en quelques minutes à pied depuis la route. Ce secteur, ponctué de petites plages et de rochers bas, abrite des zones de quiétude pour de nombreuses espèces d’oiseaux marins et littoraux. Goélands leucophées, cormorans huppés et parfois sternes viennent s’y reposer, se nourrir ou nicher à l’abri des grandes perturbations humaines. Pour l’observateur patient, une paire de jumelles devient ici le meilleur des accessoires.

Les zones les plus sensibles sont signalées par une signalétique spécifique invitant à ne pas franchir certaines limites, notamment en période de reproduction. Comme dans une réserve ornithologique, le respect des distances est crucial pour éviter le dérangement des oiseaux nicheurs, qui peuvent abandonner leurs œufs ou leurs poussins en cas de stress répété. En pratique, cela signifie éviter de grimper sur certains îlots ou falaises basses, même si elles semblent offrir un point de vue idéal. Vous faites ainsi le choix d’une baignade discrète, en harmonie avec les habitants ailés du littoral.

Cette anse illustre bien l’équilibre à trouver entre loisirs balnéaires et préservation d’un patrimoine naturel fragile. En adaptant vos horaires – tôt le matin ou en fin de journée – vous profiterez d’une lumière magnifique tout en réduisant la pression sur la faune. L’anse de la Madrague rappelle que les plus belles criques cachées de Marseille ne sont pas seulement des décors de carte postale, mais aussi des refuges essentiels pour les espèces qui y trouvent encore un espace de vie préservé.

Calanque de l’escalette : formation géologique de brèche rouge miocène

En remontant vers la ville, la calanque de l’Escalette se distingue des paysages calcaires classiques par la présence spectaculaire de brèches rouges datées du Miocène. Cette roche, composée de fragments anguleux cimentés par une matrice rougeâtre, raconte l’histoire d’anciens éboulements et de dépôts torrentielles consolidés au fil des millions d’années. Visuellement, le contraste entre ces teintes chaudes et le blanc des calcaires voisins crée un tableau presque abstrait. Pour qui s’intéresse à la géologie, l’Escalette est un véritable livre ouvert sur la dynamique passée du littoral marseillais.

Sur place, la petite anse sert de transition entre un passé industriel – vestiges de l’ancienne usine au-dessus – et un présent tourné vers la redécouverte de la nature. Les parois de brèche, plus rugueuses que le calcaire pur, offrent une multitude de prises pour les plantes pionnières qui colonisent les fissures. C’est un peu comme observer un mur de ruines envahi par la végétation, à ceci près que le mur est naturel et bien plus ancien. Les contrastes de textures et de couleurs en font également un lieu de choix pour les photographes à la recherche de compositions graphiques originales.

La baignade y est possible mais reste secondaire par rapport à l’intérêt géologique du site. L’accès relativement simple attire quelques locaux en quête de calme, surtout en dehors des heures de pointe. En prenant le temps d’observer la roche de près, vous distinguerez les fragments de calcaire inclus dans la matrice rouge, témoignant de l’énergie des épisodes de dépôt. La calanque de l’Escalette rappelle que les criques cachées de Marseille ne sont pas seulement des havres de baignade, mais aussi des archives naturelles de l’histoire de la Méditerranée.

Techniques d’approche maritime : navigation côtière et mouillages sauvages

Pour de nombreux passionnés, l’accès aux criques secrètes de Marseille par la mer représente l’expérience la plus immersive. Kayak, paddle, voile légère ou semi-rigide permettent de longer au plus près les falaises et de découvrir des anfractuosités invisibles depuis les sentiers. La navigation côtière requiert toutefois une solide préparation : consultation des cartes marines, vérification des prévisions de vent et de houle, et connaissance des zones réglementées du Parc National des Calanques. En Méditerranée comme ailleurs, la mer peut changer de visage en quelques heures.

En pratique, le kayak de mer demeure l’une des meilleures options pour approcher au plus près les criques cachées, grâce à son faible tirant d’eau et sa maniabilité. Vous pouvez vous faufiler entre les rochers, accoster sur de minuscules laisses de mer et repartir sans laisser de trace. Les embarcations motorisées, elles, doivent respecter des distances minimales de la côte et des baigneurs, ainsi que des limitations de vitesse dans certaines zones. L’analogie souvent utilisée est celle de la circulation en ville : plus vous vous approchez du « centre historique » (la crique), plus vous devez ralentir et être attentif.

En matière de mouillage, la règle d’or consiste à éviter absolument les herbiers de posidonie. Plusieurs cartes et applications indiquent désormais les zones de mouillage écologique ou les fonds sablonneux autorisés. Une ancre correctement dimensionnée et une longueur de chaîne adaptée à la profondeur – en général 3 à 4 fois la hauteur d’eau – garantissent une tenue fiable sans arracher la végétation marine. Dans les criques très étroites, l’usage d’un bout à terre (corde fixée à un rocher) permet de limiter le rayon de giration du bateau et de partager l’espace avec d’autres usagers.

Pour les pratiquants de paddle ou de kayak, le port du gilet d’aide à la flottabilité reste fortement recommandé, même par mer calme. Une chute inattendue, un choc contre la roche ou un changement brusque de vent peuvent rapidement compliquer la situation, surtout loin des plages surveillées. Enfin, pensez à gérer votre logistique : sacs étanches, réserve d’eau, trousse de secours et moyen de communication étanche. Cette préparation minutieuse fait toute la différence entre une simple sortie en mer et une véritable exploration réussie des criques cachées de Marseille.

Protocoles de préservation environnementale et éthique du visiteur discret

Visiter les plus belles criques cachées de Marseille implique d’adopter une posture de discrétion et de respect. Le principe fondateur peut se résumer ainsi : « ne laisser aucune trace ». Cela signifie emporter systématiquement tous ses déchets, y compris les mégots, mouchoirs et restes de pique-nique. Les criques secrètes n’ayant ni poubelles ni services de collecte, le moindre déchet oublié peut subsister des mois, voire des années, et être emporté en mer. Un simple sac en tissu ou en plastique résistant dédié aux déchets suffit à limiter fortement votre impact.

La gestion du bruit constitue un autre pilier de cette éthique. Les enceintes portatives, même à volume modéré, perturbent la faune et l’expérience des autres visiteurs, venus précisément chercher le calme. Préférer les conversations à voix basse et le simple son des vagues, c’est accepter de se mettre au diapason du lieu. De la même manière, il convient de limiter les regroupements trop nombreux dans une crique de petite capacité. Lorsque vous arrivez et constatez que l’espace est déjà occupé, avez-vous envisagé de poursuivre quelques centaines de mètres plus loin pour préserver l’équilibre du site ?

Sur le plan écologique, certains gestes sont à proscrire absolument : faire du feu, utiliser des savonnettes ou shampoings – même « biodégradables » – directement dans la mer, casser des roches ou prélever des souvenirs (galets, fossiles, plantes). Ces actions, répétées jour après jour, dégradent peu à peu les criques cachées de Marseille et accélèrent les phénomènes d’érosion ou de pollution. À l’inverse, quelques réflexes positifs – ramasser un déchet trouvé, informer poliment un autre visiteur d’une règle méconnue – contribuent à diffuser une culture de respect partagée.

Enfin, l’éthique du visiteur discret comprend la gestion responsable de la diffusion d’information. Partager une photo de crique secrète sur les réseaux sociaux, avec localisation précise et description détaillée d’accès, peut entraîner une fréquentation soudaine et difficile à absorber pour le milieu. Une solution équilibrée consiste à valoriser l’esprit d’exploration tout en évitant les indications trop explicites, ou en rappelant systématiquement les règles du Parc National des Calanques. Ainsi, vous participez à la transmission de ces trésors tout en préservant leur avenir.

Photographie sous-marine et documentation naturaliste des biotopes cachés

Les criques cachées de Marseille constituent un terrain de jeu extraordinaire pour les photographes et les naturalistes amateurs. Sous la surface, les jeux de lumière à travers l’eau claire transforment les reliefs rocheux et les herbiers de posidonie en paysages presque irréels. Une simple action cam étanche ou un compact subaquatique permet déjà de capturer ces scènes, à condition de respecter quelques règles de base. La première : ne jamais toucher ni déplacer les organismes marins pour « améliorer » une composition, même si la tentation est grande.

Pour documenter efficacement la faune et la flore des criques secrètes, il est utile de se familiariser avec quelques espèces emblématiques : girelles paon, sars, oursins violets, grandes nacres (protégées), éponges encroûtantes ou encore algues brunes comme la Cystoseira. En photographiant toujours avec un repère d’échelle – un doigt, une palme, un rocher identifiable – vous facilitez ensuite l’identification des espèces sur des guides ou des plateformes participatives. Certaines applications permettent de contribuer à des programmes de science citoyenne en téléversant vos observations géolocalisées.

Sur le plan technique, privilégiez les heures où le soleil est haut pour obtenir une luminosité maximale sous l’eau, généralement entre 11h et 15h. Approchez-vous lentement de vos sujets pour limiter les particules en suspension qui créent du « bruit » sur les images, un peu comme la poussière sur un objectif. En eau peu profonde, l’absence de flash réduit le stress sur la faune et évite les reflets parasites. N’hésitez pas à multiplier les prises de vue d’un même sujet sous différents angles : c’est souvent au visionnage que l’on découvre la meilleure composition.

Enfin, la documentation naturaliste ne se limite pas à la photographie. Prendre des notes mentales ou écrites sur les conditions de votre sortie – visibilité, température, espèces observées, état des herbiers – contribue à constituer une mémoire écologique des criques cachées de Marseille. En comparant vos observations au fil des années, vous percevrez peut-être des évolutions liées au réchauffement des eaux, à la colonisation par de nouvelles espèces ou aux efforts de préservation. Ainsi, chaque visite ne devient pas seulement une parenthèse de plaisir, mais aussi une modeste contribution à la connaissance et à la protection de ce patrimoine naturel exceptionnel.